La question revient à chaque fin de formation : « qu'est-ce que j'apprends maintenant ? » La réponse dépend moins des classements internationaux que de ce qui se recrute autour de vous.
Les classements mondiaux ne décrivent pas Madagascar
Une technologie peut dominer les enquêtes mondiales et n'apparaître dans aucune offre à Antananarivo. À l'inverse, des stacks considérées ailleurs comme installées depuis longtemps restent ici le cœur de la demande, parce que les projets qui se lancent ne sont pas les mêmes.
Avant d'investir trois mois, regardez ce que les entreprises publient réellement sur place.
Trois signaux à lire, pas un
Une seule source donne toujours une image fausse. Croisez-en trois :
- Les offres ouvertes. Ce que les entreprises cherchent maintenant, avec le salaire quand il est affiché.
- Les compétences citées par les autres profils. Un marché où trois cents candidats revendiquent la même technologie n'a pas la même valeur qu'un marché où vingt la revendiquent.
- Ce qui accompagne la technologie. Une offre ne demande jamais un langage seul : elle demande un langage, une base de données, un outil de déploiement et une façon de travailler.
Les pages emploi par technologie réunissent ces trois signaux, et les salaires observés donnent l'ordre de grandeur quand l'échantillon est suffisant.
Le calcul qui compte : demande sur offre
La technologie la plus demandée n'est pas la meilleure cible si tout le monde l'apprend déjà. Ce qui ouvre une porte, c'est l'écart entre ce que les entreprises cherchent et ce que les candidats proposent.
Une technologie citée dans plusieurs offres et portée par peu de profils vaut mieux, pour vous, qu'une technologie citée partout et portée par tous. Le raisonnement vaut aussi à l'intérieur d'une stack : beaucoup de développeurs PHP, peu qui savent tenir une base de données sous charge.
La deuxième compétence vaut plus que la première
Après deux ou trois ans, ajouter un cinquième langage rapporte peu. Ce qui change votre valeur, c'est la compétence d'à côté :
- savoir déployer et remettre en marche ce que vous écrivez ;
- écrire des tests que quelqu'un d'autre comprend ;
- lire une base de données existante avant de proposer de la refaire ;
- expliquer un choix technique à quelqu'un qui n'est pas développeur.
Ces compétences ne figurent pas dans les titres d'offres, mais elles décident des entretiens.
L'anglais est une compétence technique
À Madagascar, une part importante des postes bien payés dépend d'un client ou d'une équipe à l'étranger. Le niveau d'anglais n'y est pas un bonus : c'est souvent le critère qui sépare deux candidats de même niveau technique.
Lire de la documentation suffit pour travailler. Suivre une réunion et défendre un choix technique ouvre une autre catégorie de postes.
Apprendre en livrant quelque chose
Une technologie apprise en suivant un cours s'oublie. La même technologie utilisée pour livrer un outil que quelqu'un utilise — même une seule personne, même vous — reste.
Choisissez donc la compétence en fonction de ce que vous pouvez en faire dans le mois qui vient. Si vous ne voyez pas quoi construire avec, ce n'est pas encore le moment.
Vérifiez votre niveau plutôt que de l'affirmer
Une fois la compétence acquise, une évaluation technique vous donne un score et, à partir de 70 %, un certificat rattaché à votre profil. C'est la différence entre écrire que vous connaissez une technologie et pouvoir le montrer.